Izina u muntu
D’après A. Safiannikoff, une certaine répression judiciaire s’exerçait au sein même de la communauté d’initiés du bwami. Nous venons de noter qu’une femme se voyait privée de son pendentif honorifique si elle commettait l’adultère.11Union prohibée parce que de type incestueux ? L’auteur ne le précise pas, mais c’est probable.30Lorsqu’un mwami avait commis une faute grave, on lui remettait une sorte de cheville en os ou en ivoire surmontée d’une tête sculptée, et appelée kitimbitimbi (« tronc », dans le sens d’arbre abattu, par exemple). D’après l’auteur, cette figurine « est le symbole d’un homme (notamment un mwami) qui a tout perdu : femme, enfants, biens matériels. « C’est ce qui attend un mwami qui a commis une faute grave ; dans ce cas un sort lui est jeté et il perd tout ce qu’il possède ». Il devient donc comme un « tronc. » (1972 : 153-154, fig. 78). La remise à un mwami de cet objet constituait un avertissement, voire un blâme. S’il réparait sa transgression, il rendait l’objet, et l’affaire était clôturée. La figurine ci-dessous (ill. 43), récoltée hélas sans aucune information, pourrait bien représenter un kitimbitimbi.

