Kindi

Catégorie : BWAMI LEGAN°2

Mwami abutilwa

Biebuyck, qui traduit katimbitimbi par « petit phallus », précise cependant que ce terme signifie littéralement « qui frissonne passionnément » (1973 : 175). Il s’agirait donc, plutôt que d’une représentation strictement phallique, d’un objet désignant métaphoriquement le phallus12 durant l’acte sexuel. Par ailleurs, il souligne que ces petits ivoires sont le signe de l’inviolabilité d’une femme qui, devenue kanyamwa, est désormais indissolublement liée à son mari. Mais comment interpréter le nom complet de ces petits objets : « The little phallus [lit. What shivers passionately], the penis thathas not seen the circumcision ceremonies » (Biebuyck : idem)?Tentons d’y voir clair. Safiannikoff conteste que les objets en ivoire terminés en pointe et surmontées d’un renflement ou d’une tête, représenteraient réellement un sexe masculin ; d’après lui, seuls certains objets, de forme légèrement12Le pénis se traduit d’ailleurs par nsoka (sg et pl.) (Botne 1994 :37)31différente, représenteraient réellement un pénis : il faut pour cela que l’extrémité inférieure se termine, non pas en pointe, mais par un renflement phallique. Appelé lubuta batu, « qui engendre les hommes », cette représentation phallique (1972 : 173-175, fig. 104 et ill. 44) était souvent couplée avec un autre du même nom et représentant un sexe féminin. Ces deux objets seraient liés à la fécondité et à la reproduction, au même titre que les deux figurines montrées lors des rites de circoncision et appelées kasondo et nsuka (à rapprocher de nsoka, le pénis, cf. note page précédente), que nous avons déjà évoquées plus haut (p. 4).

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