Mutiga

Catégorie : BUBINGAN°1

Les katimbitimbi féminins, dont beaucoup se terminent en pointe, et non en phallus, semblent donc davantage, et par le nom et par la forme, s’apparenter aux kitimbitimbi que les initiés masculins recevaient s’ils commettaient une transgression. Et pour des époux – que leur initiation conjointe au grade ultime a lié indissolublement l’un à l’autre pour l’éternité – l’une des transgressions par excellence ne serait-elle pas le « frisson passionné » de l’adultère ? La miniature féminine, portée en permanence par la kanyamwa, ne renverrait-elle donc pas à une signification analogue à sa réplique masculine ? Un symbole qui, plutôt que de représenter à strictement parler un phallus, véhiculerait l’image d’un initié devenu comme un « tronc », rétrogradé symboliquement au rang de « celui qui n’a pas encore été circoncis », et qui a tout perdu parce qu’il aurait « passionnément frissonné ». Une menace qu’exprimeraient de manière latente et continue les petits ivoires qu’arborent en permanence les femmes de haut grade, et que concrétisent de manière occasionnelle les plus grands ivoires de même type remis aux initiés masculins lorsqu’ils commettaient une transgression.

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